Toutes ces formes de pollution, qu'elle soit chimique, organique, thermique, bactériologique, physique ou encore mécanique, sont conséquences d'un déséquilibre du milieu aquatique dû à l'impact des activités humaines sur son environnement. Nous sommes tous responsables de la pollution de l'eau, directement quand nous l'utilisons personnellement et indirectement quand nous consommons des produits agricoles et industriels. On peut donc distinguer trois principales causes aux pollutions de l'eau, les activités urbaines, industrielles (pollutions dites «ponctuelles» aux sources précises car provenant d'endroits bien localisés) ainsi que l'activité agricole (à l'inverse dite «diffuse» et non-précise car étant valable sur tout le territoire, d'année en année : on ne peut pas la retracer jusqu'à un emplacement particulier).
1) Les activités industrielles
En industrie l'eau est utilisée à différentes fins : elle est souvent indispensable à la fabrication de produits (eaux de procédés), au refroidissement des machines (eaux de refroidissement), au nettoyage de l'usine (eaux de lavage), et au maintien de l'hygiène des employés (eaux sanitaires). Diverses activités industrielles (industrie lourde, industrie chimique, industrie de transformation de métaux) sont à l'origine de pollutions différentes. La fabrication génère également une activité de transport maritime ou fluvial importante : il existe donc des risques de pollution accidentelle au cours du déplacement, du chargement et déchargement des produits. De plus, les fumées rejetées par les usines contiennent des gaz acides toxiques qui retombent avec la pluie. On parle alors de pluies acides qui sont néfastes pour la végétation et les êtres vivants, dans les rivières comme sur terre.
Les rejets industriels sont donc caractérisés par leur très grande diversité, suivant l'utilisation faite de l'eau au cours du processus industriel. Suivant l'activité industrielle, on va donc retrouver des pollutions dans l'eau aussi diverses que :
des matières organiques et des graisses (abattoirs, industries agro-alimentaires)
Dans de nombreux pays, la loi oblige les entreprises à épurer leurs effluents avant de les rejeter dans un cours d'eau. Les eaux usées sont traitées dans des stations d'épuration suivant un processus au terme duquel elles doivent respecter des normes de rejet, mais en réalité, seulement 65% des eaux usées passent en station d'épuration.
2) Les activités urbaines
Aujourd'hui, nous utilisons l'eau à longueur de journée, pour de nombreux et divers usages : nous laver, cuisiner, pour les tâches domestiques... Autant dire que les occasions ne manquent pas pour polluer l'eau.
Les déchets posent aussi problème. Un Français jète environ un kilogramme de déchets ménagers par jour : plastiques, métaux, piles, ampoules... Parfois négligemment jetés dans la nature, ils polluent largement les rivières et ce durant de nombreuses années...
Ci-dessous : quelques quantités d'eaux nécessaires à des activités urbaines et domestiques.
Le tri des déchets et surtout la fin du gaspillage de cette ressource convoitée sont des solutions pour diminuer la pollution domestique. Par exemple, si l'on prend une douche à la place d'un bain, on peut économiser jusqu'à 100 litres d'eau ! Chaque effort compte !
3) Les activités agricoles
L'agriculture a connu en un siècle une véritable révolution : la mécanisation, suivie de la motorisation, l'intensification des pratiques agricoles, l'usage d'engrais et de pesticides, la suppression des haies, puis il y a une dizaine d'années l'arrivée des variétés d'OGM, issues des biotechnologies. Des moissoneuses-batteuses qui travaillent en série sur des surfaces de culture immenses aux élevages en batterie de bovins ou de porcs en passant par l'épandage excessif de produits de plus en plus dangereux, l'agriculture est devenue une activité polluante, tout particulièrement pour les eaux de surface et les eaux souterraines.
En agriculture l'eau est largement utilisée pour abreuver le bétail et irriguer les terres cultivables, on estime d'ailleurs à 70% la part de l'eau douce utilisée dans le monde qui sert à irriguer des terres agricoles, et cette part est en constante augmentation, au détriment de la part consommable par les populations...
Les élevages hors-sol (concentration importante d'animaux sur un même site) entraînent de nombreuses déjections animales (lisier, fumier) contenant nombre de microbes et bactéries et pouvant donc représenter une source de pollution bactériologique dans l'eau lorsqu'ils viennent à s'y trouver.
De plus en plus, pour améliorer leurs rendements, les agriculteurs utilisent de nombreux engrais et pesticides, de façon non adaptée et source de pollution diffuse : les doses sont toujours plus fortes, les agriculteurs entrent dans un véritable cercle vicieux, la récolte étant plus importante que la protection de l'environnement. Seule la recherche d'une productivité toujours plus élevée compte, d'où l'utilisation massive de ces produits.
Ces engrais, le plus souvent très concentrés en nitrates et en phosphates, favorisent la croissance des plantes qui les absorbent en partie, mais le reste ruisselle à la surface du sol, en direction des rivières ou atteint les nappes phréatiques par lixiviation. Cette érosion hydrique des terres, en plus de diminuer la productivité des sols, réduit la qualité des cours d'eau par l'apport de matières en suspension et de substances chimiques. On suppose ainsi que 50% des engrais répandus sont inutilisables par les plantes et se retrouvent dans l'eau des rivières... Les pesticides sont également de plus en plus utilisés, il s'agit de produits chimiques destinés à lutter contre les mauvaises herbes (herbicides), les champignons (tongicides), ou encore les insectes (insecticides)... Mais dans la nature, il n'y a pas d'espèces nuisibles : proies et prédateurs s'équilibrent dans un écosystème : ils sont liés entre eux par nombres de relations qui régissent l'équilibre de l'ensemble, d'autant plus que ces produits ne font pas de différences, ils éliminent par exemple aussi bien les bons que les mauvais insectes. Leur présence dans les rivières, conséquence du ruissellement, est aujourd'hui un problème grandissant. Et il ne faut pas se croire non-concerné : saviez-vous ainsi que la France est le deuxième plus grand consommateur mondial de pesticides, après les Etats-Unis ?
L'agriculture repose sur la constitution d'agrosystèmes gérés dans le but de fournir des produits, dont les aliments, nécessaires à l'humanité. Aujourd'hui l'intervention humaine est de plus en plus importante dans ces milieux, comme on l'a vu. Si le recours à la chimie a permis d'augmenter les rendements, mais de loin la qualité des produits, c'est au détriment de la santé des terres, des rivières, de la faune et de la flore, et de nous, êtres humains, sachant par exemple que les pesticides provoquent chaque année cinq millions d'empoisonnements dans les pays en développement. Les progrès de l'agriculture biologique de nos jours sont un espoir pour l'avenir, mais sera-t-elle capable de relever le défi alimentaire mondial en préservant nos cours d'eau ?
L'homme est donc responsable de la pollution des eaux des rivières. Bien sûr, quelques pollutions peuvent être dûes à l'environnement, comme les conséquences directes ou indirectes de catastrophes naturelles telle qu'une éruption volcanique, ou encore une pollution par un animal qui aurait fait ses besoins à proximité d'une rivière, ou qui serait mort et en décomposition dans l'eau. Cependant, la quantité de ces pollutions "naturelles" sont négligeables comparées à celles causées par l'Homme.