Au cours de l'histoire, l'eau a été le véhicule de plusieurs épidémies meurtrières telles le choléra ou la typhoïde. L'eau destinée à la consommation humaine ne doit donc contenir aucun germe microbien pathogène, susceptible de provoquer des maladies. Dans l'eau des rivières, ces micro-organismes sont à éviter: ils peuvent aussi présenter des dangers pour la santé humaine et pour le milieu naturel. Il est donc nécessaire de réaliser une étude bactériologique pour vérifier ou non leur présence dans l'eau du Doubs. En trouvera-t-on dans l'eau en amont et en aval ? Si oui, lesquels ?
Pour cette expérience, la première règle capitale était de travailler en conditions stériles. Aussi les bouteilles utilisées lors du prélèvement ne l'étaient pas, il a fallu retourner chercher de l'eau à la source et en ville dans des flacons stériles et un jour avant l'expérience. Ensuite, il fallait se laver les mains à l'eau de Javel ainsi que la paillasse de travail, porter un masque et surtout allumer le bec bunsen pour travailler stérilement dans un rayon de 25 centimètres autour.
C'est donc d
ans ces conditions stériles que l'ensemencement a debuté: on a déposé quelques gouttes de l'eau à tester au centre d'une boîte à Pétri contenant une gélose, gouttes ensuite étalées sur toute la surface de la boîte avec un râteau préalablement stérilisé pour enfin mettre la boîte de Pétri à l'étuve. Les bactéries ont ainsi dans ce cas les meilleures conditions pour se développer.
On a ainsi ensemencé deux boîtes avec de l'eau de la source et deux boîtes avec de l'eau du Doubs traversant notre ville, une boîte de chaque eau est partie à l'étuve à 37°C pendant deux jours, les deux autres à l'étuve à 44°C pendant trois jours.
| Résultats |
Au bout de deux jours dans l'étuve à 37°C |
Au bout de trois jours dans l'étuve à 44°C |
| Eau du Doubs à sa source | ||
| Eau du Doubs à Besançon | ||
| Comparaison entre les deux eaux | On trouve des bactéries dans les deux boîtes à Pétri, plus étendues dans la boîte correspondant à l'eau de ville mais plus impressionnantes pour l'eau de la source avec des tâches jaunâtres. | Ici, il n'y a rien du tout dans l'eau de ville alors que pour l'eau de source, on retrouve des bactéries. |
Ces premiers résultats nous ont quelque peu surpris, nous pensions en effet obtenir l'inverse d'après nos hypothèses. Reste maintenant de nombreuses questions à élucider, dont:
-Quelles sont les bactéries mises en évidence dans l'eau du Doubs ?
-Ces bactéries sont-elles dangereuses ?
-Comment interpréter ce résultat innatendu ?
Pour répondre à ces questions, il est nécessaire de réaliser une observation microscopique de ces bactéries.
Pour ce faire, une laborantine a placé nos bactéries sur des lamelles afin qu'elles soient observables au microscope optique. Nous ne pouvions pas effectuer cette tâche nous-même, les bactéries à l'intérieur de la boîte de Pétri étant potentiellement dangereuses.
Dans l'eau de ville à l'étuve à 37° C , on voit ici clairement des bacilles roses, c'est-à-dire des bacilles dits gram (-).
Les bacilles dits de "gram positif" ou de "gram négatif" sont des bacilles répondant respectivement de façon positive ou négative au test de gram (pour en savoir plus sur ce test que nous ne développons pas ici, suivre ce lien). D'après le site du laboratoire Quebact, il existe quatre divisions de bactéries en fonction de leur réaction à ce test : les micro-organismes à gram positif, ceux à gram négatif, ceux dépourvus de réaction, ceux encore au gram variable. Ce test est par conséquent une première étape vers l'identification des bactéries étudiées.
Les informations que nous avons fournies ici concernant les bacilles à gram positif ou négatif sont tirées du net et de la couleur des bactéries d'après notre observation microscopique : nous aurions cependant voulu visiter un laboratoire d'analyses des eaux pour en apprendre plus sans risquer de mémoriser et publier des connaissances erronées. Mais il semble que nous n'avons pas été pris au sérieux, n'ayant pas obtenu de réponse par e-mail ni par téléphone, celui du lycée ne marchant pas d'ailleurs la plupart du temps lorsque nous souhaitions appeler.
Pour ce qui est du résultat surprenant que nous avons obtenu, il ne faut pas oublier non plus que malgré les précautions prises, nous pouvions ajouter nos propres bactéries dans la boîte de Pétri à chaque instant durant l'ensemencement.
Enfin, on suspecte la tâche jaune observée dans la boîte de Pétri de la source placée dans l'étuve à 37°C d'être, peut-être à tort, un pseudomonase. Aussi appelé bacille pyocyanique, Il serait plus dangereux que les autres bacilles observés auparavant avec même des risques cancérigènes. Mais ce n'est qu'une suspicion et encore une fois, rappellons que bien évidemment, n'étant que des lycéens, notre matériel et démarche scientifique ont été largement limités tout au long de notre travail lors de cette expérience. Nous avons tout de même pu étudier des bactéries présentes dans l'eau prélevée grâce au travail du laboratoire, sans toutefois avoir pu les identifier précisément et donc évaluer leur potentielle dangerosité. A-priori les bacilles observés sont présents naturellement dans les eaux et ne deviennent dangereux que s'ils se développent fortement et rapidement dans un milieu donné comme dans les boîtes de Pétri, d'où la nécessité de les détruire.